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Crayon de Robert Gallay |
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Lectures
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NOTES DE LECTURES L’enrichissement d’une théorie, jamais achevée, passe par la lecture d’un certain nombre d’ouvrages sélectionnés pour leur pertinence face aux questions que nous nous posons. Plusieurs ouvrages ont particulièrement retenu notre attention ces deux dernières années. Nous rendons compte ici de certains ouvrages dans leur ensemble, ou de certains de leurs chapitres qui nous ont paru particulièrement pertinents pour notre réflexion. 1. Ces lectures commencent le plus souvent par une analyse logiciste de la pensée de l’auteur. Pour cela nous sélectionnons en deuxième lecture un certain nombre de citations que nous réordonnons afin de saisir au mieux les grandes articulations du discours. Ce matériau sert ensuite, dans certains cas tout au moins, à bâtir un schéma logiciste explicitant la trame des démonstrations proposées. Ces schématisations n’ont pas pour but de rendre compte de la totalité de la pensée de l’auteur, mais seulement de certaines articulations que nous jugeons particulièrement enrichissantes pour notre propre réflexion. 2. Ces lectures ne sont utiles que si elles génèrent en nous, dans leur prolongement, une réflexion propre sur laquelle il convient naturellement d’insister. Ces extensions, que nous voulons importantes, constituent la partie originale de l’exercice. Ces lectures ne sont donc pas de simples comptes rendus comme on a l’habitude d’en lire dans les revues spécialisées. D’abord parce qu’elles ne rendent pas compte des textes dans leur complétude, ensuite parce qu’elles intègrent des réflexions personnelles et « utiles » pour le développement de notre propre pensée. 3. Pour chaque thème, nous ferons en sorte de bien distinguer ce qui revient à l’auteur et ce qui découle de notre propre écriture, une position d’équité dans un exercice qui se veut un dialogue. Dialogue constructif puisque nous retenons ce qui est jugé positif, même si cette progression a pu naître d’une position critique, comme c’est le cas pour les pratiques muséales. 4. Afin d’intégrer ces réflexions dans le concret, nous avons choisi à propos de chaque thème des exemples particulièrement illustratifs des thèmes développés. Ces exemples, qui ne sont pas obligatoirement ceux présentés dans les textes originaux, sont choisis pour leur pertinence et/ou pour leur proximité avec nos propres recherches. Dans certains cas seulement évoqués, ces derniers peuvent, ou pourront, faire l’objet de développements qui n’apparaissent pas ici. 5. Le choix d’une lecture n’est jamais innocent. Menée sans plan préconçu au fil des opportunités, cette opération s’est révélée a posteriori avoir une certaine cohérence, ce qui justifie cette présente présentation. Livres découverts au hasard des librairies, ouvrages suggérés par des collègues, travaux collectifs de congrès pour lesquels nous avons collaboré aux discussions finales, catalogues d’expositions, ouvrages de fond souvent cités, mais que nos obligations universitaires ne nous avaient jusqu’alors jamais donné le temps de lire, etc. constituent une matière première hétéroclite à laquelle nous avons tenté de donner une nouvelle cohérence. Nous retenons ainsi quatre grands thèmes touchant : - aux sources des connaissances archéologiques et anthropologiques - à la mise en forme de l’information - aux modes d’utilisation de l’information - aux contraintes de l’enquête ethnographique 1. Source des connaissances archéologique et anthropologiques - L’archéologie requiert la création d’une anthropologie générale - L’approche transculturelle joue à la fois sur les ressemblances et les dissemblances Au fil de nos travaux, nous n’avons cessé d’affirmer que toute interprétation fonctionnelle (économique, sociale, politique) des sociétés du passé nécessite des connaissances anthropologiques générales et requiert une vision transculturelle des phénomènes humains, vision qui ne suscite que peu d’intérêt de la part des anthropologues et des archéologues. Georges Guille-Escuret est l’un des rares anthropologues à oser affronter ce défi à propos du cannibalisme. Nous avions participé aux réunions consacrées au cannibalisme du site néolithique d’Erxheim ; nous ne pouvons donc qu’être sensible aux travaux de notre collègue anthropologue. Nous prendrons ici l’exemple du cannibalisme africain qui illustre parfaitement les enjeux et les modalités d’une approche transculturelle d’un phénomène social. GUILLE-ESCURET, G. 2010. Sociologie comparée du cannibalisme 1. Proies et captifs en Afrique. Paris : PUF. Le livre d'Alain Testart sur l'évolution des sociétés de chasseurs nous paraît le livre le plus riche jamais écrit à popos de l'intégration de l'archéologie et de l'ethnologie dans la recherche d'un schéma général de l'évolution des sociétés humaines. Ce dernier pose implicitement sur le plan méhodologique une question essentielle concernant l'intérêt des méthodes cladistiques dans le domaine des sciences humaines (cf. point 2). TESTART, A 2012. Avant l'histoire : l'évolution des sociétés de Lascaux à Carnac. Paris: Gallimard. Le livre de , particulièrement sa présentation de la théorie des équilibres ponctués, fournit un modèle intéressant de la logique de l'interprétation historique en paléontologie, logique qui peut, sous un certain angle, être généralisé à l'ensemble de la démarche historique. Cette approche complète la problématique d'Alain Testart sur l'évolution des sociétés humaines. GOULD, S. J. 2006. La structure de la théorie de l'évolution. Paris : Gallimard 2. La mise ne forme de l’information Nous avons toujours insisté sur la nécessité de présenter des textes irréprochables à la fois sur les plans des contenus et de la forme. Les contraintes de contenus renvoient au problème des définitions des concepts utilisés, les contraintes de forme au logicisme. Ces deux axes de réflexion doivent déboucher à terme sur des mises en forme de l’information facilitant son stockage et surtout sa consultation dans un monde où le chercheur est de plus en plus submergé par le volume des données qu’il est sensé maîtriser. Nous retiendrons ici quatre types de questions : - L’ethnologie s’est construite avec et contre la littérature. L’étude historique menée par Vincent Debaene sur le développement de l’ethnologie française montre les rapports complexes entretenus par les deux disciplines aux plans à la fois institutionnel et thématique. Sans être très explicite sur cette question l’auteur tend à montrer que la seule voie raisonnable (au sens littéral) reste le modèle des sciences de la nature. Cette position ne nie pas la pertinence de la littérature dans l’approche des phénomènes humains, mais milite pour une séparation claire des deux approches. DEBAENE, V. 2010. L'adieu au voyage.Paris : Gallimard Pour illustrer les problèmes posés par l’approche littéraire », nous développons le cas particulier des arts graphiques, montrant les problèmes posés par l’approche empathique des réalités paysannes du début du 20ème siècle par les peintres de l’Ecole dite de Savièse et les limites de ce type de perception dans la compréhension sociale et politique de l’époque. Cette question nous touche particulièrement puisque, dans le prolongement de cette école, notre père nous fournit un magnifique exemple de cette approche à propos de la paysannerie tessinoise des années 40. - L’ascèse du logicisme constitue une utopie nécessaire Le « Jeu des perles de verre » d’Herman Hess était l’un des livres clés de la pensée de Jean-Claude Gardin, mais ce dernier restait peu explicite sur les raisons de ce choix. Nous avons donc désiré en savoir plus. Le jeu des perles de verre (jamais décrit par l’auteur) nous apparaît en effet aujourd’hui comme une métaphore du logicisme. Pratiqué par une élite ce jeu se veut une réaction contre la mode des « variétés » produites alors (la période n’est pas précisée) dans le monde intellectuel et contre "le n’importe quoi" de la pensée. Le jeu reste pourtant une utopie puisque le héros du roman choisit de retourner dans le « Monde » après s’être essayé avec grand succès au jeu, mais meurt accidentellement. Herman Hess laisse donc le lecteur seul juge de la valeur du Jeu dans la recherche de la connaissance. Ce livre reste donc un puissant aiguillon pour nous demander quel peut être l’avenir du logicisme au sein d’une communauté scientifique plus que réticente. Il pose également la question de la place de ces réflexions dans le cadre d’une connaissance que nous ne voulons justement pas élitaire. HESSE, H. 1955. Le jeu des perles de verre. Paris : Calmann-Lévi. - Le logicisme implique un effort de définition des termes anthropologiques Le logicisme nécessite un retour aux bases épistémologiques de la pensée. Nous nous y sommes essayé en lisant les « Eléments d’épistémologie » de Carl Hempel, l’un des penseur de l’Ecole de Vienne et nous nous attardons plus particulièrement sur la notion de « définition ». La question de la définition des termes employés constitue en effet le volet complémentaire nécessaire et jusqu’alors négligé des schématisations logicistes. HEMPEL, C., 2004 (2ème éd.). Eléments d’épistémologie. Paris : Armand Colin (Cursus) Nous prendrons notre exemple à propos des problèmes posés par la définition de la « chasse aux têtes », un sujet abordé lors d’un récent colloque tenu aux Eyzies. Dans son livre « Les mutilations des ennemis chez les Celtes préchrétiens » Claude Sterckx regroupe sous ce terme unique tous les cas de décapitation décrits sur les cinq continents, ce qui est naturellement abusif. A l’opposé Alain Testart a bien montré l’absolue nécessité de distinguer plusieurs pratiques extrêmement diverses. L’approche transculturelle d’un phénomène nécessite donc des réflexions sur ces questions de définition, la complexité d’un phénomène n’empêchant nullement des vues comparatives, bien au contraire. STERCKX, C. 2005. Les mutilations des ennemis chez les Celtes préchrétiens. Paris : L'Harmattan - Le cladisme offre une première approche taxonomique indispensable à toute entreprise comparative Tout science a commencé par ordonner les phénomènes au sein de classifications avant de comprendre les phénomènes. Cette nécessité s’est imposée de façon particulièrement claire dans les sciences de la nature. En histoire de la terre ou en biologie de l’évolution. Dans cette perspective le cladisme issu des travaux de Willi Hennig offre une perspective particulièrement intéressante car la démarche introduit un facteur temps dans la construction des classifications en adoptant les notions de caractères primitifs et dérivés. Cette technique peut s’intégrer parfaitement dans une approche logiciste, approfondissant ainsi la question des définitions évoquée ci-dessus. Les livres de Pascal Tassy offrent une introduction suffisante à cette problématique, quoique aujourd’hui quelque peu dépassée, pour comprendre les fondements d’une méthode qui a déjà été appliquée aux phénomènes culturels. TASSY, P. 1991. L'arbre à remonter le temps : les rencontres de la systématique et de l'évolution. Paris : Christian Bourgeois. Le livre de d’Abdullaye-Bara Diop sur l’évolution de la société wolof du Sénégal nous a paru, par sa clarté, particulièrement favorable pour tester la méthode sur une réalité socio-politique, expérience prolongée par une application à ‘ensemble des sociétés ouest-africaines. DIOP, A.-B. 1981. La société wolof : tradition et changement : les systèmes d’inégalité et de domination.Paris : Karthala. 3. L’application de l’information Le développement d’une anthropologie générale peut être une fin en soi. Elle débouche néanmoins sur plusieurs applications. Deux d’entre elles nous retiennent particulièrement ici. La première concerne l’institution muséale aujourd’hui en profonde crise, la seconde concerne l’ethnoarchéologie proprement dite et ses applications archéologiques. - Le musée peut rendre compte des connaissances anthropologiques à condition de se débarrasser de son enveloppe « littéraire ». Au cours de son histoire l’institution muséale a subi de profondes mutations en relation avec le développement puis l’effondrement du colonialisme. Elle a peiné à se conformer à une vision qui ne donne pas une vue déformée et caricaturale des sociétés dont elle exposait les tristes dépouilles. Plusieurs livres nous invitent à reprendre la réflexion sur ce sujet, notamment dans le domaine hautement controversé de ce que l’on nomme aujourd’hui les « arts premiers ». C’est tout d’abord, en guise d’ouverture historique, le livre de Maureen Murphy qui nous offre, à propos de l’Afrique, une vue particulièrement claire de l’évolution de notre regard sur l’autre, c’est ensuite le catalogue « Le musée cannibale » de Marc-Olivier Gonseth, Jacques Hainard et Roland Kaehr qui permet de dresser un tableau complet des métamorphoses de l’institution muséale et des errances qui ont présidé aux remises en question post-coloniales. MURPHY, M., 2009. De l’imaginaire au musée : les arts d’Afrique à Paris et à New York (1931-2006). Les Presses du Réel (Oeuvres et sociétés). MARC-OLIVIER GONSETH, JACQUES HAINARD, ROLAND KAEHR (R.) dir. 2002. Le musée cannibale. Neuchâtel : Musée d’ethnographie. Deux livres nous servent de base pour proposer une vision enfin respectueuse des populations dont nous aimerions présenter les manifestations culturelles. Le premier est le journal de terrain de Jean Gabus, fondateur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel, instigateur de nombreuses expositions consacrées à la culture matérielle des populations sahéliennes de Mauritanie, du Mali et du Niger. Nous découvrons dans ces lignes une vision, hélas oubliée et tombée en désuétude, proche du terrain, respectueuse de l’autre, que l’on ferait bien de revisiter aujourd’hui. GABUS, J.& HANS ERNI, H. ill., 1954. Initiation au désert. Lausanne : R. Rouge (Librairie de l'Université) Le second est le triste catalogue « Dogon » édité par Hélène Leloup à l’occasion d’une exposition de statuaire dogon au quai Branly qui montre le vide abyssal où nous ont entraînés les visions esthétisantes et marchandes de l’art. L’occasion était trop belle. Nous n’avons pas résisté à l’envie de montrer ce que pourrait être un discours sur l’art dogon fondé sur de vraies connaissances de terrain (pourtant disponibles à l’époque), connaissances résultant des travaux menés par l’Université de Genève et notamment Caroline Robion-Bruner. A la suite de ces derniers, nous pouvons en effet montrer que les divers styles de la statuaire dogon peuvent s’intégrer parfaitement dans l’ethnohistoire des divers clans de forgerons de la région. La vision que nous proposons, est celle que Serge Bahuchet propose dans la foulée des expériences du Musée de l’Homme et qui, malheureusement, reste encore aujourd’hui de peu d’actualité. LELOUP, H., 2011. Dogon. Paris : Somogy, éditions d'art, Musée du quai Branly - L’anthropologie permet seule la constitution d’une connaissance fonctionnelle des sociétés anciennes. Dire qu’on ne peut développer un discours sur la nature des sociétés préhistoriques sans connaissances anthropologiques n’est pour nous pas nouveau. Encore faut-il apporter la preuve de la pertinence de cette position. Les travaux menés à l’instigation de Pierre Pétrequin sur les haches polies néolithiques et publiés à l’occasion du colloque Jade en apportent la preuve éclatante. Les enquêtes menées en Nouvelle Guinée et particulièrement en West Papoua (ex Irian Jaya) ont en effet débouché sur de découvertes européennes spectaculaires comme celles des ateliers de taille du Mont Viso et sur une complète réévaluation de la nature des sociétés à l’origine du mégalithisme carnacéen. L’intimité avec les fabricants de haches papous a permis à Pierre Pétrequin d’acquérir une connaissance approfondie du sujet qui passe d’abord par une empathie profonde avec ses partenaires et débouche sur des actions de recherche particulièrement efficaces au niveau préhistorique dont il convient de décrypter les mécanismes intimes. Il faut également souligner que la connaissance empirique nécessite, là bas et ici, un investissement physique considérable (notamment dans la recherche des gîtes pétrographiques) sans commune mesure avec tout ce qui a été entrepris auparavant dans le domaine. Preuve s’il en est que la réflexion épistémologique pure et dure dans le domaine de l’ethnoarchéologie n’est d’aucune utilité si elle n’est pas associée à un profond respect de ses partenaires et un investissement physique et personnel sans limite. Ces travaux renouvèlent profondément notre compréhension des fondements économiques, sociaux et politiques des sociétés néolithiques de l’Europe de l’Ouest, de quoi faire réfléchir ceux qui considèrent avec dédain l’utilisation du « comparatisme ethnographique ». PETREQUIN, P. CASSEN, S. ERRERA, M. et al. 2012. Jade : grandes haches alpines du Néolithique européen, 5ème et 4ème millénaire av. J.-C. 4. L’enquête ethnographique - La constitution d’une anthropologie générale repose de plus en plus sur une ethnohistoire dont il convient de fixer les règles. Nous réservons pour la fin une question essentielle qui se dessine peut-être mieux maintenant que le lecteur perçoit plus clairement dans quel sens il convient de témoigner. Cette question est celle de la matière même de l’ethnoarchéologie. La création d’une anthropologie générale pose aujourd’hui un problème fondamental que les détracteurs de l’ethnoarchéologie n’ont pas manqué de souligner. Le monde change et les cultures traditionnelles disparaissent sous l’effet d’une mondialisation dont le dernier souci est de respecter l’intégrité culturelle des sociétés. Il n’y a guère besoin de s’étendre sur le sujet. Notre quête repose donc de plus en plus sur des témoignages anciens, l’ethnographe se transformant en historien. La nature des sources changent de nature. Il convient donc de construire des problématiques d’analyse reposant sur une critique de ces sources et sur de nouvelles manières de mobiliser ces données toujours biaisées. Dans le chapitre 5 « Epistémologie du témoignage » de son livre « Les mangeurs d’autres » Georges Guille-Escuret propose quelques clés allant dans ce sens à propos de ses enquêtes sur le cannibalisme et ouvre la voie à une véritable épistémologie des témoignages historiques en montrant que ces derniers, malgré leurs imperfections, présentent souvent une valeur certaine pour peu que l’on sache les lire. GUILLE-ESCURET, G. 2012. Les mangeurs d'autres : civilisation et cannibalisme. Cahiers de l'Homme. Paris : Editions de l'Ecole des hautes études en sciences sociales. 5. Conclusion Il convient désormais de tirer quelques leçons de ces lectures. Quatre grands axes se dégagent. 1. Le premier concerne la nécessité de dégager nos pratiques des libertés qui constituent les fondements mêmes de la littérature pour créer une épistémologie comparable à celle des sciences de la nature. Que l’on soit clair sur cette démarche. Nous sommes aujourd’hui loin de compte et nous n’avons aucunement la prétention de proposer des recettes permettant d’atteindre immédiatement ce but. Il ne s’agit que d’une quête sur le long terme. D’aucuns ont considéré cette prétention comme exorbitante, elle ne l’est que si nous disons avoir atteint notre but. Ce n’est, de loin, pas le cas. 2. L’autre acquis concerne l’institution muséale. Les diverses expériences menées dans ce domaine sont loin d’être concluantes face au respect que nous devons aux cultures autres et la reconnaissance de ce qu’elles nous ont apporté, ceci sans angélisme. Toutes les cultures présentent leur part d’ombre. 3. La solution de la question posée par le point 2 ne peut être résolue qu’en adoptant le point 1. Reconnaître que les sciences humaines peuvent relever d’une approche scientifique, c’est à dire universelle, n’est aucunement nier les spécificités culturelles, mais développer un langage permettant de respecter ces dernières. Il n’y a aucun impérialisme occidental là dedans, sinon celui de la connaissance. Cela a aujourd’hui une certaine actualité, au moment où un capital destructeur s’est emparé de la planète et où les idéologies totalitaires que certaines religions lui opposent dans la violence sont issues d’un obscurantisme moyenâgeux. 4. Reste le domaine de la littérature et de l’art qui constitue un champ à part pouvant accueillir toutes les libertés et tous les excès, ce qui est aussi le propre de l’homme.
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